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Première rencontre avec des leaders politiques du mouvement Zapatiste

Posté par tapachula le 30 mai 2008

Mercredi 28 mai, 9h30 du matin.

 

La directrice du centre ou je travaille reçoit un coup de téléphone. C’est le centre de Droits Humains Fray Bartholome de las Casas situé à San Cristobal, la plus grande ville indigène dans le Chiapas. Elle raccroche, arrive dans mon bureau demande à un autre volontaire de venir également. Aujourd’hui nous allons visiter des prisons.

 

Des leaders politique du mouvement Zapatiste (mouvement qui lutte entre autre pour la reconnaisance des droits des indigènes) étaient emprisonnés depuis quelques années du fait d’une loi interdisant de critiquer le gouvernement du Chiapas en place. Le nouveau gouvernement chiapanèque a décidé d’abolir et de libérer progressivement toutes les victimes de cette (stupide) loi. Une grève de la faim  a été mise en place dès le mois de février par ces 7 prisonniers, accompagné par un groupe de soutient, qui ont pris place devant la mairie de San Cristobal. Pour casser cette pression et avant que cela ne devienne plus important, le gouvernement chiapanèque a décidé de séparer tous ces leaders de manière totalement arbitraire. Il les a dispercés dans toutes les prisons de la région dans la nuit de mardi à mercredi.

Le centre de  San Cristobal qui suit de très près les problèmes indigènes nous a contacté pour nous demander de rendre visite à 3 d’entre eux. Le Chiapas étant très grand et les routes en mauvaises état, notre centre se trouvent à moins de 2h de route de 3 prisons de la région. Nous devions leurs signaler que la grève et le mouvement continuaient et que le centre de San Cristobal se chargeait de porter plinte contre l’administration pour déportation illegale.

Nous avons donc laisser tomber notre veste de centre de droit de l’homme pour le troquer contre celui d’amis de la famille de ces détenus afin de leur rendre visite. (Je me demande encore comment les gardiens des prisons ont pu croire en me voyant physiquement, blanc, grand, blond aux yeux bleus, ça tranche avec le mexicains petit mate, au yeux et cheveux foncé!  puis en voyant mon passeport francais, comment ont-ils pu croire que je pouvais avoir un quelconque rapport avec ces detenus. Ils sont un peu cons ces gardiens! Je sais bien que tout est possible mais comme même, ils n’ont posé aucune résistance). Nous nous sommes rendus dans l’ordre dans les prisons de Acapetahua, Huixtla et Tapachula. Et bien les prisons mexicaines sont pitoyables. Les conditions se dégradaient au fur et à mesure des visites. Celle de Acapetahua étit la moins pire de tous. C’est une toute petite prison au sommet d’une coline. Elle domine tout un desert de jungle. Même si apparement les detenus n’int pas accès au paysage, l’ambiance est plus tranquile et les gardes plus « sympa. Le confort est spartiate mais l’endroit est propre et un relative silence règne dans ces lieux. Nous avons donc parlé au premier leader politique. Il était allongé dans le couloir en face de sa cellule. Le couloir n’était éclairé que par de la lumière artificielle. Il était diminué physiquement mais il a compris qui on était, qui nous envoyait et que même si il avait mangé le matin, la grève continuait. Nous avons pu parler sans être trop dérangé par le garde qui venait de temps en temps près de nous.
Le pire allait arrivé. A Huixtla la prison est en plein dan la ville. Plusieurs habitations sont collés au mur de la prison. Là, l’intimité avec l’autre détenu fut inexistante. Nous avons parlé avec lui au travers des barreaux, un garde nous faisant face. Malgrès tout ces petits désagrément nous avons pu lui dire l’essentiel et il a compris l’essentiel. Ce fut je crois une des têtes pensantes du mouvement car il semblait plus receptif et plus motivé à continuer cette lutte. Nous n’avons rien vu de la prison en elle même mais il y avait déjà plus de monde et surtout plus de bruit et de désordre.

La crème de la crème fut la prison de Tapachula. Elle est énorme et situé à 15km de la ville. Les gardes nous ont indiqué où était le parloir mais personne ne nous a accompagné. Nous sommes descendus au sous-sol. Une odeur nauséabonde, un mélange de sueur, de saleté, de pisse règnaient dans cette pièce obscure. Le bruit assourdissnt des detenus participait aussi à cette ambiance de chaos. L’escalier donnait diretement sur les detenus. Une grille nous séparait. Pour parler à quelqu’un, il fallait donner quelque chose au detenus pour qu’ils aillent le chercher. Après avoir passé un bon quart d’heure, le 3° compère est arrivé. Il était le plus diminué de tous et le lus mal en point. Même si il n’avait passé que quelques heures dans cet endroit, l’envirronement commencait déjà à l’affecter. Les gardiens ne s’aventurent pas trop et laisse se développer une petite mafia à l’intérieur. Chaque prisonier doit payer un droit d’entrée (bref ils se font raqueter) puis pour chaque choses que tu souhaites, tu payes. Lit, nourriture, stylo, papier, tout se moneille. Cette prison est un chaos général et tout se traffic avec le bon sentiment des gardiens.

La vie marque plus durement les gens qui vivent entre ces murs. Avoir un matelas c’est avoir de la chance et c’est déjà être quelqu’un. Les prisonniers sont maigres et sont prèt à tout pour survivre. Leur survie dépend de leur méchanceté et de leur ingénuosité à dominer l’autre.

Il ne fait vraiment pas bon être emprisonné au Mexique.

 

Pour les Zapatiste, la lutte continue et je ne sais pas si je les reverrais.

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