Interview révélatrice de ce qui se passe là-bas

Posté par tapachula le 30 septembre 2008

Pour ceux qui souhaite comprendre encore plus le diaporama précèdent et la situation à cette frontière, je vous invite à regarder en cliquant sur le lien, l’interview d’une photographe mexicaine sur ce sujet.

http://www.neves.com/?pubid=104713&secid=2

Merci à Vanja pour cette trouvaille

Publié dans La Migration | Pas de Commentaire »

Diaporama pour comprendre la frontière sud du Mexique

Posté par tapachula le 25 septembre 2008

http://www.dailymotion.com/video/k4AqQfB4bUhTsBMlZk

Publié dans La Migration | 1 Commentaire »

Les agents migratoires et la corruption

Posté par tapachula le 28 août 2008

Le Centre migratoire et les points de contrôle génèrent un grand nombre d’emplois. Tout d’abord les agents qui sont sensés être au service de l’Etat et de ses citoyens, ne travaillent que pour eux-mêmes. Leur salaire n’est pas élevé, pourtant beaucoup souhaitent y travailler. Ils ne le font pas par amour de service public mais par amour de l’argent qu’ils peuvent racketter. Travailler dans le Centre de détention est une punition, exercer dans un point de contrôle migratoire est une promotion. Même si la corruption est à tous les niveaux de la hiérarchie, il y a des postes plus rentables que d’autres. Ces check-points sont placés sur les axes principaux de circulation, donc ils voient passer un grand nombre de personnes. Ayant le privilège de procéder à des vérifications, ils ne se privent pas de faire montre de zèle lorsqu’ils voient un individu au visage différent.
« Tu sais, tu n’es pas en règle… je vais être obligé d’appliquer la procédure… » Un billet est alors glissé dans les papiers et l’officiel en ferme les yeux, rend les documents et laisse le migrant continuer sa route. Le fonctionnaire de service peut tout aussi bien récupérer l’argent et en demander davantage. De toute façon si ce qui lui est tendu n’est pas à son goût, il pourra faire ce qu’il veut de la personne.
C’est pour cette pratique qu’un grand nombre d’agents de l’Etat souhaitent voir leurs fins de mois bonifiés par ce racket organisé. D’ailleurs le racket commence dès leur incorporation, car pour travailler dans ce milieu, nul besoin de concours, il suffit de débourser une grosse somme d’argent. Dorénavant, ce sont les salaires qui arrondissent leurs fins de mois. Le gouvernement tente bien de combattre cette corruption mais il manque de crédibilité. Beaucoup de ces agents de l’Etat ont des voitures de luxe, de grandes maisons, ils se font une position d’intouchables,  en conséquence la population en a peur Le cas des trente-trois Cubains enlevés grâce à la complicité de quelques agents migratoires lors de leur transfert en bus jusqu’au Centre de rétention de Tapachula, n’est qu’un énième exemple de la corruption qui règne au Mexique.

Publié dans La Migration | Pas de Commentaire »

Le migrant, un poulet pret à plumer

Posté par tapachula le 28 août 2008

La migration est une réalité bien concrète qui se voit, palpable, et n’est pas prête de s’arrêter. Le migrant possède souvent une grosse somme d’argent sur lui. Le voyage n’est pas gratuit, rempli d’aléas, le portefeuille doit être bien rempli afin de pouvoir survivre. Il est qualifié de « pollo » ce qui veut dire « poulet » en espagnol. Un poulet n’existe que s’il a un « pollero », c’est à dire un passeur qui l’aide à passer entre les mailles du filet. Une étude « del colegio de la frontera sur »  à Tapachula, a montré qu’un migrant paye 1.500 à 2.500 dollars au « pollero » pour pouvoir être conduit de manière sûre aux Etats-Unis, alors qu’en 1995 il ne payait que 20 à 30 dollars. Le marché de la migration est un trafic juteux d’autant plus encore, lorsque des évènements climatologiques viennent s’adjoindre à une situation déjà difficile, ce qui  renforce son caractère lucratif.
L’ouragan Stan en octobre 2005, a déstructuré la migration à Tapachula. Il a détruit bien plus que des maisons et des infrastructures, il a modifié toute une société. La pluie tropicale est tombée sans discontinuité pendant trois jours causant d’énormes inondations et des coulées de boue. Des dizaines de personnes perdirent la vie et l’ouragan laissa derrière lui près de 700 000 sinistrés rien que pour le Chiapas. Les récoltes ont été perdues, les terres sont devenues incultivables et les grands ouvrages  d’infrastructures et de communications ont été rasés. Le train de marchandises qui partait de Tapachula en direction de la capitale n’existe plus. Les ponts et voies ferrées ne sont toujours pas reconstruits. En plus des marchandises conventionnelles, le train emmenait avec lui des centaines de migrants. La très grande majorité attendait l’arrivée du train à Tapachula. Ce moyen de locomotion avait un double avantage : celui de ne pas passer de poste migratoire et surtout d’aller plus rapidement vers le Nord. Chaque migrant s’accrochait là où il pouvait : une échelle, une barre métallique quelconque entre deux wagons pouvaient faire l’affaire. Le trajet pouvait durer plusieurs jours. Ils essayaient de trouver une place assez sûre pour ne pas tomber au cours du voyage. En effet, ce genre d’accident n’était pas rare, beaucoup de ces voyageurs se sont vu broyer un membre par le train, dans le meilleur des cas, à cause d’un assoupissement, d’une perte d’équilibre. Bien entendu un train comme nous le montre la photo ci-dessus, ne passait pas inaperçu : d’autant plus  que son point de départ était situé en plein centre-ville. Et toujours une moyenne de 150 migrants erraient dans les rues en attendant, en espérant un hypothétique train. Malgré cela, ils ont fait vivre beaucoup de petits magasins le long de la voie ferrée en achetant de quoi s’hydrater et se nourrir. Autre aspect, les agents migratoires, les conducteurs de trains, la compagnie de train elle-même, tous étaient complices et acteurs de ce trafic. Corrompre un agent c’était pouvoir continuer sa route. Les plus riches pouvaient louer un wagon de marchandises et se mettre dedans pendant la traversée ce qui rendait le voyage plus sûr. Des opérations étaient parfois menées par les Services migratoires pour déloger les assaillants des wagons. Ces opérations se transformaient plus en carnage qu’en arrestation de migrants.
Mais l’ouragan Stan a démantelé tout ce trafic. Le train ne vient plus à Tapachula, son terminus et nouveau point de départ est dorénavant Ariaga, une ville à 250 kms plus au nord. Avec pour conséquences 250 kms de plus de dangers et de risques pour les migrants de se faire racketter ou tuer dans l’anonymat le plus total. Ce qui se passait à Tapachua se passe dorénavant à Ariaga, les migrants arrivent dans un état de fatigue, d’épuisement et de souffrance plus avancé. Avec un trajet plus long et à pied, le nombre de rackets s’est multiplié. Les migrants les plus aguerris voyagent en bus, descendent avant chaque poste de contrôle migratoire parce qu’ils sont fixes, le contournent à pied, et reprennent un autre bus un peu plus loin. La majorité des rackets se fait à ces endroits-là. Les bandits profitent de l’état de vulnérabilité de ces « poulets ». Les migrants sont en face d’un dilemme. En effet, d’une part ils sont persuadés de n’avoir aucun droit, d’autre part le fait de dénoncer les bandits leur reviendrait à se faire immédiatement arrêter pour être entrés sur le territoire de manière illégale. Plus les migrants s’éloignent de la frontière administrative, plus les postes de contrôles migratoires se font présents. Pas moins de cinq postes se trouvent dans les 200 premiers kilomètres de routes après la frontière. Face à cette situation, on peut se demander si un accord tacite n’existerait pas entre les bandits, les agents migratoires et la Police Fédérale ? Pour preuve ce raisonnement : « Un migrant dépouillé ou un migrant mort est un migrant qui ne peut continuer sa route, un migrant de moins c’est de l’argent en plu s ». Autre constat, lorsque ces bandits se font incarcérer, ils sont souvent relâchés quelques heures plus tard sans autre forme de procès.
L’ouragan Stan  a « nettoyé » Tapachula des migrants mais a favorisé leur trafic et leur vulnérabilité. Désormais le pollero achète le silence des agents migratoires pour qu’ils ne vérifient pas les identités des personnes assis sur tels sièges de tels bus. Mais si la somme avancée n’est pas au goût des agents, ceux-ci vont s’empresser de vérifier ces sièges et de  déporter les passagers en question. Le trafic est devenu tellement lucratif que les passeurs n’hésitent pas à utiliser les annonces publicitaires sur les ondes radio du Guatemala, vantant leur professionnalisme de passeur de migrants à destination des Etats-Unis. Ces agences de voyage d’un nouveau style prouvent que chaque personne est un migrant potentiel, donc un client potentiel à ce genre de service.
Il est de notoriété publique que la délinquance accompagne souvent le migrant, mais le migrant n’est pas un délinquant. Au contraire ! Il voyage avec des économies importantes qui suscitent l’envie et la facilité. La convoitise attisée, l’amalgame est vite fait entre migrant et délinquant. Il est stigmatisé et concentre en lui tous les maux. Les femmes du Chiapas accablent les femmes Guatémaltèques de venir voler leur mari et surtout de leur transmettre le virus du Sida. Par contre, cette société machiste ne remet par contre, pas en cause l’infidélité de l’homme et son incapacité à se protéger.
Même si l’intention du migrant est d’aller toujours plus au Sud, il peut rester quelque temps dans cette zone frontière. Cela lui permet de gagner un peu d’argent afin de continuer sa route. Le commerce sexuel en est peut-être l’exemple le plus frappant. Une étude réalisée en 1999  à Ciudad Hidalgo a mis en lumière que des femmes originaires du Guatemala,  du Honduras, et du Salvador, utilisent cette zone comme un moyen de gagner rapidement et en grande quantité de l’argent et de rencontrer par surcroît une personne qui leur facilitera leur traversée.

Publié dans La Migration | Pas de Commentaire »

Les Migrants Cubains

Posté par tapachula le 28 août 2008

La frontière Sud du Mexique est devenue une porte d’entrée à tous les flux migratoires. Avant 2005, les Cubains se faisaient rares sur les routes du Sud du Mexique. Il faut dire qu’il était plus facile pour eux de se rendre aux Etats Unis directement depuis Cuba. A cette époque, les Cubains déserteurs jouaient « au chat et à la souris » avec la Police des Frontières américaine. S’ils arrivaient sans se faire prendre et sans être mouillés sur le sol américain, le statut de « Réfugié » leur était accordé. Mais s’ils se faisaient attraper en mer, ils étaient directement remis aux Autorités Cubaines. Les Cubains avaient donc trouvé la parade : ils débarquaient sur les Côtes Mexicaines et rien, dans ce cas, ne pouvait les empêcher de rentrer légalement aux Etats-Unis, à pieds secs, par la terre.
Par mimétisme, le gouvernement mexicain a adopté en 2005 les mêmes règles concernant le traitement des Cubains que les Etats Unis. Cette circulaire interne crée un statut spécial pour cette catégorie. Elle est appelée ici, « Loi des pieds mouillés et des pieds secs » et ne vise pas à empêcher l’immigration cubaine mais à la freiner ou à rendre le trajet plus long et plus fatiguant. La seule chose que le gouvernement mexicain ait réussi à faire est de créer un commerce des migrants Cubains.
Etant de plus en plus difficile pour eux de passer entre les mailles du filet mexicain, les Cubains appliquent alors la même tactique que par le passé. Ils se rendent encore plus au Sud pour rentrer au Mexique en ayant « les pieds secs ». La frontière administrative étant très poreuse et connaissant la procédure à leur égard, les Cubains, dès la frontière traversée, se rendent directement et volontairement au poste migratoire le plus proche. Ils savent qu’ils ne pourront être expulsés. La technique n’a pas changé, mais le trajet, si. S’ils ne se rendent pas directement au Centre de rétention de Tapachula, ils sont transportés jusqu’à lui.
Selon leur version, le séjour à l’intérieur du Centre n’est qu’une question de jours et dès les 5000 Pesos (500 $US) déboursés pour le laissez-passer, ils seront libres. Cependant pour la plupart d’entre eux, la durée de leur séjour va dépendre de la quantité d’argent qu’ils vont débourser, en supplément, aux agents migratoires afin « d’accélérer » la procédure. C’est effectivement une procédure administrative qui les frappe et les 5000 Pesos sont en réalité une amende administrative pour présence illégale sur le territoire mexicain. Le laissez-passer est, quant à lui, une obligation de quitter le territoire dans les 30 jours à compter de leur libération. C’est à dire qu’ils ont une autorisation pour rester 30 jours au Mexique, autrement dit, 30 jours pour rejoindre les Etats-Unis.
Ce n’est un mystère pour personne, la plupart des migrants Cubains ont de l’argent qui leur est envoyé par un membre de leur famille aux Etats-Unis. Beaucoup sont prêts à tout pour s’accaparer un peu de cette somme.

Publié dans La Migration | Pas de Commentaire »

Tapachula et la migration

Posté par tapachula le 28 août 2008

La société tapachultèque subit dans son ensemble la migration. Pour beaucoup la meilleure chose que l’ouragan Stan ait apporté en 2005, est d’avoir débarrassé Tapachula de la migration. Le tapachultèque ne voit du migrant qu’un être humain de seconde catégorie. « L’autre » est chargé de tout le travail manuel qui est dégradant et qu’un Mexicain ne veut pas faire : travailleur agricole, maçon, balayeur, serveuse, femme de ménage… La tapachultèque est presque une femme que l’homme respecte, ce qui n’est pas le cas de l’étrangère. C’est une véritable déshumanisation qui entraine cette dernière à être considérée comme une femme de petite vertu, avec laquelle tout peut être permis. Les « table dance » et les maisons de passe emploient un grand nombre d’étrangères, ce qui ne fait que renforcer cette différence.

Tapachula, de par son urbanisme, ressemble plus à une ville guatémaltèque que mexicaine. L’influence de son voisin est perceptible, mais il est rejeté en bloc par la population. A l’entendre, « Tapachula, le Chiapas, le Mexique sont plus intelligents avec un niveau culturel plus élevé que ces guatémaltèques sous-développés ». Ce point de vue n’est pas caricatural. Les femmes guatémaltèques ont l’habitude de se promener le dimanche après midi autour de la grande place de la ville, habillées de leur costume traditionnel (photo ci contre). C’est d’ailleurs à ce moment là que le personnel du Fray Matias peut les rencontrer. Les habitants de la ville trouvent cela folklorique et d’un autre âge, signe que la population n’est pas arrivée à grandir intellectuellement. Ils ont du déni vis à vis de ce peuple Centre-Américain. Il est aussi surprenant, mais compréhensible avec ce raisonnement, que peu de tapachultèques voyagent en Amérique-Centrale. Le stéréotype persiste dans cette partie du monde qui veut que tout ce qui est ou provient du Nord est meilleur et plus intéressant que ce qui vient du Sud. La population du Nord est sociologiquement plus acceptable que celle du Sud pour les simples d’esprit.

Publié dans La Migration | Pas de Commentaire »

L’histoire de la migration au Chiapas

Posté par tapachula le 28 août 2008

Il existe deux types de migrations bien distinctes au Chiapas. Certains migrants ne font que traverser cet état dans le but de se rendre au Etats-Unis. C’est l’immigration la plus connue internationalement. Et puis, il y en a une autre qui est à l’origine de la première, c’est la migration des travailleurs Centraux Américains.La migration la plus ancienne date de l’époque coloniale. Beaucoup d’indigènes descendaient des montagnes de la région pour venir travailler à la récolte du café, des bananes et autres denrées agricoles dans les plaines. Au fur et à mesure des années, les indigènes ont été contraints de laisser la place aux Guatémaltèques car ils sont devenus une main d’œuvre plus rentable et moins contraignante pour les gros propriétaires terriens. Le Chiapas est une très grande réserve agricole, c’est l’une des économies les plus importantes de la région si l’on englobe trois autres états voisins que sont Quintana Roo, Tabasco et Campeche. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’un permis spécial a été créé pour ces travailleurs. Les détenteurs de ce permis peuvent travailler et se déplacer librement dans ces quatre états. Cependant ce permis n’est que temporaire et ils doivent retourner dans leur pays une fois leurs tâches effectuées. Ces permis locaux sont énormément utilisés par ces Centraux Américains. Il existe donc un marché du travail temporaire et culturel. Mais c’est souvent par manque de ressources économiques qu’ils restent près de la frontière. Certains contournent l’utilisation de ce document en se faisant embaucher par une finca  afin de traverser légalement, et donc plus facilement, ces états très surveillés dans le but, bien entendu, de se rendre aux Etats Unis.L’autre migration découle donc de la précédente et n’a fait que s’accroitre depuis les années 80.  Les problèmes politiques liés à une précarité exponentielle poussent de plus en plus d’individus à fuir leur pays à la recherche d’une terre d’accueil plus sûr et plus stable économiquement. Les deux seuls Etats du continent qui répondent à ces conditions sont les Etats-Unis et le Canada. Cette immigration est la plus connue internationalement car elle a atteint des niveaux inégalés depuis les années 2000. Ces migrants qui ne font que traverser le Mexique sont appelés « transmigrant ». Ils n’ont aucune intention de s’installer et de travailler dans ce pays, ils veulent aller au Nord le plus rapidement possible. Plus ils passent de temps dans un endroit, plus ils deviennent vulnérables pour les trafiquants et pour les services de migration.

 

Publié dans La Migration | Pas de Commentaire »

La frontière de Ciudad Hidalgo

Posté par tapachula le 26 juillet 2008

Pour répondre à vos attentes, voici quelques photos de la « frontière » entre Tecun Uman et Ciudad Hidalgo, c’est à dire entre le Guatemala et le Mexique. Une frontière toute relative…

Ça y est je vais passer la frontière mexicaine. Il ne me reste qu’un pont à franchir pour arriver au Guatemala. Tout à l’aire réglo… Je doit même payer un peso pour pouvoir traverser le pont. Officiellement c’est pour son entretient.

poste frontière officiele

Je suis entrain de traverser le pont quand un détail attire mon attention. Je vois des taches sombres au fond du paysage. Elle flotte sur l’eau et passent d’une rive à l’autre. Je décide de faire demi tour et d’aller voir cet étrange ballet depuis le rivage à ‘endroit ou ces ombres partent.

frontière coté pile

Je suis au lieu d’embarquement. Ces ombres sur l’eau sont en réalité des chambres à air ou sont attachées des palettes en bois. Ce sont des radeaux qui naviguent d’une rive à l’autre, d’un pays à l’autre. Pourquoi ne passent-ils pas par le pont? Pour ne pas payer les droits de douanes. Mais alors que fait la police??

 

frontière coté face
La police passe et laisse faire. Des petits accords secrets sont passé pour que chacun y trouvent sont comptes et que les agents de l’Etat se taise et augmente leurs salaires mensuels. Le prix du trajet dépend du nombre de personnes qui souhaitent traverser et de la quantité de marchandises qu’ils veulent emmener de l’autre coté. Tout se fait au grand jour, naturellement. Cela donne des situations impressionnantes ou le radeau est à chaque instant sur le point de céder et ou la quantité de marchandises frôle l’eau de la rivière. Le « gondolier » fait preuvent de beaucoup d’adresse et de force pour faire bouger ces centaines de kilo de marchandise tout en lutant contre la force du courant

 

ca flottechargement

Tout se charge, denrées alimentaires, ventilateurs, télévisions, chaine hifi… Au Mexique, le niveau de vie est plus bas et donc les produits sont moins chère qu’au Guatemala. Une fois de l’autre coté, les radeaux espèrent les marchandises mais surtout des migrants qui se dirigent vers le nord et qui ne veulent pas rencontrer les agents migratoires…

Conclusion, on rentre et l’on sort du Mexique comme dans un moulin! Les douaniers sont la pour répondre aux exigences d’un Etat, mais leur utilité est à remettre en cause au vue de ce qu’il se passe.
 

 

 

 

 

Publié dans La Migration | Pas de Commentaire »

Les femmes migrants

Posté par tapachula le 26 juillet 2008

La réalité fait froid dans le dos.

La première génération de migrants a été composée d’hommes principalement, voulant rejoindre un supposé eldorado. Les hommes, une fois arrivés à destination, étaient chargés d’envoyer de l’argent au reste de la famille restée au pays. De ce fait, petit à petit les villages et villes du Guatemala, Honduras, Salvador… se sont vidés des « forces vives ». Les femmes et les enfants ont été contraints d’occuper la place laissée par les pères, les maris, les jeunes hommes. Les années ont passées mais peu d’hommes sont revenus. Pourtant les familles s’étaient dit que cela ne devait durer qu’un certain temps. Le temps de gagner beaucoup de dollars, de construire une maison ou avoir un petit commerce pour envisager un futur meilleur, ensemble.

img2153.jpg

Les semaines, les mois, puis les années se sont écoulés, les dollars et les nouvelles de l’époux se sont faits de plus en plus rares jusqu’à ne plus rien recevoir du tout. Aux Etats-Unis, les Latinos ont rencontré d’autres femmes, puis progressivement ont oublié toutes les belles promesses faites à leurs épouses. Une nouvelle famille s’est reconstruite là-bas. Ils ne veulent plus rentrer au pays. Les épouses sans nouvelles s’imaginent le pire. Certaines se résignent et recommencent elles aussi une nouvelle vie avec les rares hommes toujours présents. D’autres continuent d’espérer. D’autres encore décident de franchir le pas. Pourquoi ne pourraient-elles pas, elles aussi, franchir les frontières? Pourquoi ne pourraient-elles pas, elles aussi, avoir ce que leur pays est incapable de leur offrir ?

img2382.jpg

Les femmes qui décident d’avancer vers le nord sont parfaitement conscientes de ce qu’elles vont subir. Pour l’homme le trajet est déjà très dangereux, mais pour la femme,  cela devient un enfer. S’il n’y avait que les extorsions, le trajet serait « simple et banal ». Mais les femmes sont victimes de leur féminité. Elles savent pertinemment qu’elles vont se faire violer en plus de se faire voler le peu d’argent qu’elles ont sur elles. Si elles se regroupent avec d’autres migrants en route, un plan est mis en place au cas où il leur arriverait malheur. L’argent est mis en commun est sera utile au groupe s’ils se font racketter. Les bandits sont nombreux car ils savent que le migrant possède sur lui de l’argent. Mais quand  l’argent est épuisé, il faut trouver une autre monnaie d’échange. Ils se mettent alors d’accord : quelle femme se fera violer en premier ? puis, celle qui passera au prochain racket ? puis au troisième ?… Ainsi, leur propre corps devient la monnaie d’échange de leur « passage ». La réalité est dure mais l’eldorado est à ce prix : elle tolère et encourage tous les sacrifices. Pour « l’Occidental » le corps est quelque chose de sacré. Ici, il perd sa dimension humaine pour n’être qu’un objet d’échange, qu’un laissez-passer. Conscientes de ce qu’elles sont, c’est à dire un instrument qui porte et qui donne la vie, les femmes se protègent d’une maternité en prenant des pilules contraceptives avant de partir et durant le trajet.

Le trajet est inhumain, mais le bonheur vers cet eldorado ne doit pas être gâché par le souvenir  et le cauchemar de ce voyage. Ces femmes pensent occulter de leur mémoire ce laps de vie une fois arrivées. De ce fait, cet exil ne sera jamais évoqué car il est trop dur à supporter, trop dur à accepter. Mais le paradis de l’argent facile et de la vie tranquille, n’est qu’un leurre pour la majorité d’entre elles. Celles qui gardaient espoir, le perdent en découvrant la réalité. Et le sacrifice de leur intimité n’aura pas suffi à un avenir meilleur.

img2349.jpg

Publié dans La Migration | Pas de Commentaire »

Le poste frontière

Posté par tapachula le 30 mai 2008

Bon, partir découvrir un autre pays, c’est bien jolie et culturellement très enrichissant mais je suis comme même en stage ici. Cela fait un mois que je suis dans cette ville et un premier bilan de la situation s’impose.

 

Tapachula est un carrefour incontournable pour tous migrants. Je m’explique. Tapachula est la ville la plus importante après la frontière malgrès les 25km qui les sépare. La notion de frontière est comprise ici de façon très large. Elle est très poreuse, extrèmement poreuse jusqu’à Tapachula. A Talisman (comme dans d’autres villes frontières) une rivière marque la limite entre le Mexique et le Guatemala. Les postes frontières sont de part et d’autre du pont font plus office d’abris pour les douaniers que de poste de control. Aussi bien les migrants que les produits sont normalement soumis à vérification avant leurs entrées sur le territoire par mesures de sécurité et blablabla….

Les gens ont cependant trouvés un moyen pour ne pas payer de taxes et contourner toute la bureaucratie habituelle. Ils ont trouvé un moyen aussi ingénieux que simpliste. Ils ne prennent tout simplement pas le pont et traverse à pied la rivière. Ils ne prennent pas non plus la peine de se cacher et d’aller loin à l’abris de tout regard, ils passent sous le pont pendant que les touristes eux passent au dessus. Marchndises, personnes etc… rentrent par ce stratagème quotidiennement au Mexique. Personne ne dit rien et tout est normal. Les douaniers perçoivent un petit quelque chose pour ne pas baisser les yeux jusqu’au niveau de la rivière.

Vous comprendrez aisement qu’il est donc très facil pour tout un chacun de rejoindre Tapachula car dans les faits cette frontière administrative n’existe que sommairement.

 

Cette ville est une concentration de beaucoup de trafiques, êtres humains, drogues, marchandises… Tout ca n’est pas visible pour le Tapachultèque ou pour le peu de touristes qui transite. Tout est bien caché et beaucoup ferme les yeus et profite de cette main d’oeuvre ou de tout ce qui peut rapporter de l’argent. L’éthique est étouffé par la corruption et n’est juste conservé pour la messe dominicale.

 

 

Publié dans La Migration | Pas de Commentaire »

 

SALON DES VIGNERONS ET DES ... |
fidelite |
kass les nuts !!!! |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CDI Toulouse-Lautrec
| NEW DAY RELOOKING
| Piques et répliques - 2